You are currently viewing Parcours d’entrepreneure et travailler avec son voile – Nadine & Sira de Dine Consulting

Parcours d’entrepreneure et travailler avec son voile – Nadine & Sira de Dine Consulting

Nous nous retrouvons aujourd’hui avec la première interview de Bakhta Work, un des nombreux objectifs du site est de lutter contre la discrimination au travail notamment en valorisant le parcours des femmes voilées salariés ou entrepreneures.

Pour cette première interview, j’ai décidé de vous présenter Nadine & Sira de chez Dine Consulting.

Dine Consulting est une agence de compétences accompagnant les porteurs de projet et entrepreneurs.

Créé par Nadine Dendani, une femme de caractère déterminée et possédant une forte fibre entrepreneuriale. Elle m’a invité à la rencontrer au siège de Dine Consulting après ma demande d’interview : dès le premier pas dans son bureau j’ai été conquise. On sent le professionnalisme et l’ambition de Nadine dès qu’on la rencontre. C’est en lui présentant mon projet que j’ai rencontré son associée et juriste Sira, portant tout comme moi, le voile.

Quelle rencontre !  Il s’avérait que Sira & moi partagions le même projet sous deux angles différents et totalement complémentaire. Et pour cause, Sira est la fondatrice de Jeunes Voilées Actives un groupe devenu page sur Facebook et bientôt un site web qui valorise le témoignage des femmes ayant réussi avec leur voile. Son projet est également d’aider à l’orientation des jeunes étudiants qui peuvent se retrouver perdu au cours de leurs études.

Retenez bien leurs noms car vous n’avez pas fini d’entendre parler d’elles …

1-Quel est votre parcours scolaire puis professionnel ?

Sira : Mon parcours scolaire n’a rien d’extraordinaire mais je vais essayer d’expliciter ce parcours.

Dès mon plus jeune âge j’ai voulu me diriger vers des études littéraires, étant donné que les matières scientifiques et moi sommes incompatibles.

J’ai toujours aimé les matières menant à réflexion-action (analyse d’un sujet, critiques positives et tirer des conséquences positives ou négatives et proposant des solutions).

J’ai donc fait un baccalauréat littéraire (Option : anglais renforcé), puis j’ai fait une Licence de droit (que j’ai vraiment galéré pour avoir).

Pendant ma licence j’ai pu effectuer des stages en rapport avec le droit : 1er job étudiant : vacataire agent administratif au sein du Greffe du TGI de Créteil (classement de dossiers etc…), travail assez répétitif mais tout de même enrichissant puisque j’ai pu voir un peu l’antre de la justice et travailler mes qualités rédactionnelles.

Ensuite j’ai fait un stage auprès du CCIF : auprès d’une juriste, j’ai pu voir comment le métier de juriste s’exerçait réellement sur le terrain, puisqu’en effet, même si pendant ma scolarité je me renseignais sur ce métier, les informations restaient toujours aussi vagues, pas de définition précise et souvent un métier soumis à des évolutions dans son rôle selon l’environnement dans lequel où il se trouvait.

Lors de ce stage, j’ai beaucoup appris pour les tâches que doit effectuer un juriste et j’ai pu mettre en pratique les connaissances théoriques apprises à la faculté de droit.

J’ai vraiment aimé ce stage car j’ai pu voir qu’il est tout à fait possible d’exercer son métier tout en conservant son éthique. Ce fut vraiment un déclic pour moi.

Pour terminer : j’ai obtenu un stage au sein de Dine consulting en tant que juriste d’entreprise dans lequel j’ai pu mettre mes connaissances en droit affaires en application.

J’ai également développé de nouvelles compétences : notamment la gestion de clientèle.  

2- En quoi consiste votre activité ?

Dine consulting : est agence de gestion d’entreprise qui propose un arsenal pour tout entrepreneur (confirmé ou non) ou porteur de projet pour bien débuter son entreprise. On accompagne l’entrepreneur de A jusqu’à Z pour la réussite de son projet.

Dine consulting possède 4 pôles principaux interconnectés :

Pôle communication : nous nous occupons d’identité visuelle (flyers, logos, cartes de visite…), de la création/refonte du site internet, création d’application, élaboration et application de stratégies marketing et/ou commerciale…

Pôle juridique : une équipe de juristes chargée des formalités juridiques pour la création, modification ou dissolution de sociétés. Mais également, d’informer et de conseiller les clients sur les questions relatives à leur société (forme juridique, législation…)

Pôle comptabilité : 2 experts comptables qui se chargent de la comptabilité d’entreprise.

Pôle formation : des séances de formation/coaching élaborées par nos soins pour les entrepreneurs et/ou porteurs de projets au cours desquelles on donne des conseils et astuces pour une meilleure gestion.

Mais d’autres pôles subsidiaires : selon les demandes précises des clients

Pôle décoration : des designers, architectes au service du client pour la création, la décoration ou la rénovation, de son intérieur et/ou extérieur mais aussi pour la création d’enseigne.

Pôle photo/vidéo : un photographe et un caméraman professionnels prennent en charge selon du budget et idée de scénario ou scènes à prendre en photo du client la réalisation de sa demande.

3- Comment s’organise une journée-type ?

Une journée type ce n’est pas l’expression la plus adaptée pour Dine consulting puisqu’il y a différents pôles à gérer en même temps sans compter la gestion interne de Dine consulting.

En effet pour regrouper les principales étapes de Dine consulting grossièrement :

-Le matin : on s’occupe de la communication/prospection pour Dine consulting.

-L’après-midi : plus la gestion des dossiers clients et les consultations

-Le soir : le compte rendu de la journée et programmation des tâches du lendemain.

4- Pourquoi avoir choisi de créer Dine Consulting? 

Nadine : J’ai créé Dine Consulting : parce que mon entourage professionnel m’a toujours demandé de me lancer dans ce domaine, de plus je souhaitais créer une agence accessible à tout entrepreneur et surtout qu’il retrouve au sein d’une même agence l’ensemble des outils nécessaires pour se lancer.

Mon but est vraiment de faciliter l’entreprenariat et de grandir avec l’entrepreneur pas à pas dans son projet.

5- Est-ce que le voile a été un frein pour trouver un emploi et au quotidien avec les clients de Dine Consulting (pour la prospection par exemple ) ?

Sira : Personnellement, j’ai eu de la chance al HalmdouliLah contrairement à mes consœurs de n’avoir pas connu d’islamophobie pour la recherche d’un travail et/ou stage.

Surtout qu’à l’origine, cela n’était pas absolument prévu que Dine consulting m’engage au sein de l’entreprise en tant que juriste. Je pensais terminer mon stage et reprendre mes études.

Mais Allah en a décidé autrement, et m’a offert une opportunité de rêve et qui me plait tout en me permettant de conserver mon éthique. C’était pour moi un rêve devenu réalité.

Concernant le quotidien de Dine consulting : nous n’avons jamais connu de difficultés face au client quant à la relation clientèle. Nous respectons notre éthique et nous l’imposons subtilement au client, nous choisissons nos clients et nos projets.

Les clients n’ont jamais connu de difficultés avec notre éthique et se concentrent uniquement sur nos compétences et nos offres.

6- Comment dépasser ce frein ?

La meilleure solution est de toujours rester professionnel, de mettre en avant ses expériences, acquis, ce qu’on peut proposer aux entreprises, rester froide face aux provocations, ne pas hésiter à combler ses lacunes en se formant.

7- Quelles sont les qualités requises pour être entrepreneure dans le secteur du consulting ?

Les qualités : c’est d’être extrêmement organisé, d’avoir un plan à court et à long terme, connaitre le marché dans lequel on veut se lancer, connaitre ses qualités/plus value face à la concurrence, être un minimum commercial, savoir mettre des plans de communication au bon moment, être proche du client et lui proposer un travail de qualité.  

8- Quels ont été les difficultés que vous avez rencontrées dans votre démarche entrepreunariale  pour Nadine et toi Sira dans la démarche chercheuse d’emploi ? Comment les avez-vous surmontées ?

Sira : Les difficultés principales sont selon moi : trouver un travail pour un débutant (ce qui est difficile étant donné qu’on le demande une à deux années d’expériences minimum, ce que le candidat ne dispose pas) la difficulté est de trouver un stage dans une entreprise pour plus de 6 mois, car l’entreprise le plus souvent souhaite faire des économies et ne donnent pas assez de tâches intéressantes qui permettent au stagiaire de se former dans le domaine et/ou d’acquérir des compétences réelles dans lequel il a candidaté.

Ensuite, vient l’étape de l’entretien, où tant l’employeur que le candidat commettent des erreurs.

Le candidat :est souvent mal préparé (de grosses lacunes : il ne sait pas se présenter, mettre son parcours en avant, le justifier) ou trop scolaire (dans la présentation de CV).

L’employeur : beaucoup trop dans l’optique de poser des questions pièges, trop classiques, ne s’intéresse pas vraiment au candidat, trop professionnel. Au niveau des tâches : beaucoup trop inintéressantes ou sans rapport avec la candidature du client.

Pour terminer : l’absence de réponse de l’employeur et le découragement du candidat qui revoit ses standards à la baisse (les perspectives de travail dans le domaine tant rêvé)
Nadine : Les difficultés de l’entreprenariat sont aussi créer un fond de roulement dès le début pour rentabiliser son affaire, trouver des prospects, surmonter les coups durs (période creuse d’activité), se lancer sur un marché déjà assez concurrentiel.

Mes solutions concernant ces difficultés : il faut faire confiance à Allah entièrement, combler ses lacunes, se remettre en question, accepter les critiques constructives, et être organisée et réactive.

9- Comment gère-t-on la concurrence et les finances de l’entreprise ainsi que les prestations proposées tout en restant en adéquation avec l’islam ?

La concurrence se fait plus au niveau professionnel, au niveau des prestations et des idées, cela relève de nos compétences professionnelles.

Cependant nous avons l’islam qui nous sert de carcan et de ligne directrice dans le sens où nous allons nous limiter à certaines actions, refuser certains clients quand bien même leur offre serait alléchante, ou imposer certaines actions à nos clients.

Donc l’islam nous permet de réguler notre activité en conservant une éthique, car nous recherchons en premier lieu la bénédiction d’Allah dans nos affaires.

10- Avez-vous eu peur en vous lançant ? Le sentiment de ne pas être à la hauteur ?

Nadine : Ayant des activités entrepreneuriales auparavant, cela ne m’a pas gêné, au contraire le lancement de Dine Consulting  est un nouveau challenge pour moi, cela m’a boosté même s’il demeure toujours des pensées dubitatives par moment, notamment dans les moments de difficultés.

Sira : Pour ma part, c’était au départ, une crainte étant donné que je ne connaissais pas ce milieu, j’étais plutôt très scolaire. Cependant, au fur et à mesure, j’ai pris goût à cela, c’est un domaine stimulant et surtout inhabituel (sortant du carcan scolaire). On doute toujours de soi lorsqu’on commence quelque chose de nouveau, mais il faut faire un travail sur soi pour s’améliorer.

11- Quels sont vos modèles/inspirations ?

Sira : Je n’ai pas forcément de modèles, mais j’aime les profils de personnes combatives, des personnes qui se battent pour leur cause ou projet malgré les difficultés et y parviennent. Ce sont des personnes que je respecte et encore plus les personnes qui font toutes ces choses tout en conservant leur éthique.

Nadine : Mon père est une inspiration, puisqu’il s’est battu de son pays d’origine jusqu’en France pour construire une vie décente pour sa famille, braver les difficultés et n’a pas hésité à retrousser ses manches pour travailler dur.

J’admire en général tous ces gens qui sont de la génération de nos parents, qui sont partis de leur pays d’origine pour arriver là où ils en sont, malgré les difficultés, les épreuves de la vie et qu’ils ont réussi à nous offrir une vie décente, afin qu’on puisse réussir tout en conservant leur éthique.

12- Quels conseils donneriez-vous à nos sœurs ambitieuses mais qui ont peur de franchir le cap ?

Il faut faire une vraie analyse de sa personnalité, de son projet sous tous les angles, ne négliger aucun point, préparer un plan de lancement, dire BismilLah, la prière de consultation, être sincère et se lancer.  Il faut accepter les moments fastes et les moments durs pour le business, car c’est comme cela qu’on fonctionne. En tombant bas c’est pour mieux remonter et corriger ses erreurs.

Vous souhaitez vous aussi présenter votre parcours et être interviewé ? N’hésitez pas à me contacter via le formulaire de contact ou par mail : contact@bakhtawork.com.

Laisser un commentaire